L’Europe
en région
La politique régionale européenne est une politique
de solidarité. Elle consacre plus du tiers du budget de l’Union
européenne à la réduction des écarts de
développement entre les régions et des disparités
de bien-être entre les citoyens. Par le biais de cette politique,
l’Union veut contribuer au rattrapage des régions en
retard, à la reconversion des zones industrielles en crise,
à la diversification économique des campagnes en déclin
agricole ou encore à la revitalisation des quartiers déshérités
des villes. Avec pour préoccupation majeure la création
d’emplois. En un mot, il s’agit de renforcer la «cohésion»
économique, sociale et territoriale de l’Union.
- pourquoi ?
L’Union européenne est l’une des zones économiques
les plus prospères du monde. Depuis l’entrée,
le 1er mai 2004, de dix nouveaux pays membres, et le 1er janvier
2007 de deux de plus, elle est forte d’un marché
intérieur et d’un potentiel humain de prés
de 500 millions de citoyens. Mais les disparités
économiques et sociales entre ses États membres
et entre ses régions affaiblissent globalement son dynamisme.
Par rapport à l’Europe des Quinze, ces disparités
sont deux fois plus grandes au sein de l’Europe
des Vingt-sept avec ses 323 régions.
- comment ?
L’emploi, la formation, la compétitivité des
entreprises, l’investissement dans les infrastructures,
dans la société de l’information, dans la
recherche, dans la qualité de l’environnement relèvent
tout d’abord de la responsabilité des autorités
et des opérateurs économiques de chaque État
membre et région. Mais pas seulement.
La solidarité européenne est en effet mentionnée
dès le préambule du traité sur l’Union
européenne. Le traité précise que la Communauté
agit pour renforcer sa cohésion économique et sociale
et en particulier pour réduire l’écart entre
les niveaux de développement des diverses régions.
C’est pourquoi les États membres participent à
une politique régionale européenne cofinancée
par des fonds européens, les Fonds structurels et le Fonds
de cohésion, qui concrétisent la solidarité
communautaire.
- combien ?
Pour la période 2007 - 2013, un montant
de 365 milliards d’euros a été
affecté à l’ensemble des instruments structurels
pour les vingt-sept États membres. La politique de compétitivité
et de cohésion représente 44,2 % du budget communautaire.
Cependant, plus de 51% du budget de la politique de cohésion
sera alloué aux 12 nouveaux Etats membres. La France pour
sa part verra son enveloppe tronquée de quelques milliards.
Ainsi, elle touchera plus de 12 milliards d’euros au lieu
de 16 milliards pour la période précédente.
Quant à la Franche-Comté, elle se verra allouer
une enveloppe globale de 339 millions d’euros,
répartis de la manière suivante :
FEDER – Fonds européen de développement régional
: 146 millions pour la partie compétitivité régionale
et 55 millions pour la coopération territoriale européenne.
FSE Fonds social européen : 83 millions pour les politiques
liées à l’emploi et FEADER – Fonds européen
d’aménagement et de développement rural :
55 millions.
La plupart des financements sont accordés dans le cadre
de programmes de développement pluriannuels conjointement
gérés par les services de la Commission, les États
membres et les autorités régionales. Les
subventions européennes ne remplacent pas les aides nationales,
mais les complètent.
Les objectifs prioritaires
Une nouvelle architecture est mise en place pour la période
2007/2013 qui simplifie le dispositif : désormais il n’y
a plus que 3 objectifs au lieu de 4 et 3 instruments financiers au
lieu de 6.
- Objectif : convergence
L’objectif convergence est identique à l’objectif
1 de la période 2000/2006, c’est à dire qu’il
s’agit de faciliter le rattrapage des régions en
retard de développement. Cet objectif intéresse
plus spécialement les nouveaux Etats membres et les régions
périphériques de l’Union Européenne.
- Objectif : compétitivité régionale
et emploi
Cet objectif regroupe les objectifs 2 et 3 de la période
précédente. Il a pour but de soutenir la reconversion
économique et sociale des zones (industrielles, rurales,
urbaines ou dépendantes de la pêche) confrontées
à des difficultés structurelles.Et il s’agit
de moderniser les systèmes de formation et de promouvoir
l’emploi. Les mesures financées au titre de cet objectif
couvrent toute l’Union à l’exception des régions
de l’objectif convergence, où les mesures consacrées
à la formation et à l’emploi sont comprises
dans les programmes de rattrapage.
- · Objectif : coopération territoriale
européenne
Cet objectif encourage les coopérations transfrontalières,
transnationales et interrégionales, c'est-à-dire
la formation de partenariats dépassant les frontières,
pour favoriser l'aménagement équilibré de
territoires pluri-régionaux (financement: FEDER). Cette
coopération transfrontalière prévoit une
couverture géographique plus large que l’ancien programme
nommé Interreg III.
Les trois initiatives communautaires précédentes
Interreg III, URBAN II, EQUAL (qui visait à lutter contre
les inégalités), sont repris sous les nouveaux objectifs
ou remplacés dans un souci d’efficacité. Ainsi,
Interreg III intègre l’objectif coopération
territoriale européenne, URBAN II ET EQUAL intègrent
eux les objectifs convergence et compétitivité régionale
et emploi.
Le FEOGA-orientation est remplacé par le fond européen
agricole pour notamment le développement rural (FEADER)
qui intègre en son sein le programme LEADER+.
L'approche Leader consiste en :
une stratégie de développement local permettant
la sélection des meilleurs plans de développement
des groupes d'action locale représentant des partenariats
public-privé ;
la mise en œuvre de projets de coopération entre
territoires concernés ;
la mise en réseau des partenariats locaux.
Le cadre financier 2007-2013 :
Les programmes européens opérationnels
depuis le 1er janvier 2007
La Commission a voulu mettre à profit le renouvellement de
l’accord interinstitutionnel (AII) en faisant plusieurs propositions.
- une flexibilité accrue dans les prochains budgets afin
de mieux réagir à un monde en pleine évolution
(près de 5 milliards d'euros pour la période 2007-2013)
- la définition de règles de base pour le nouveau
Fonds européen d'ajustement à la mondialisation
(3,5 milliards d'euros)
- un réexamen complet du budget de l'UE en 2008-2009
L'accord interinstitutionnel (AII) définit
les règles et les mécanismes de la gestion du cadre
financier pour une période de sept ans et pour l'établissement
des budgets annuels. Il doit être approuvé par le Conseil,
le Parlement européen et la Commission. Sans cet accord,
aucun financement ne sera disponible pour les programmes proposés
pour l'Union élargie et l'exécution de près
de la moitié du budget de l'UE pourrait être compromise.
Ainsi le 17 mai 2006 le Parlement européen, la Commission
et le conseil ont signé l’accord interinstitutionnel
contenant le cadre financier 2007/2013. Cet accord est basé
sur la discipline budgétaire et la bonne gestion financière
et il a pour objectif d’améliorer le déroulement
de la procédure budgétaire annuelle et la coopération
entre les institutions en matière financière toujours.
Le présent accord se compose de trois parties :
- · la définition et les modalités d'application
du cadre financier ;
- · l'amélioration de la collaboration interinstitutionnelle
au cours de la procédure budgétaire ;
- · les dispositions relatives à la bonne gestion
financière des fonds de l'Union européenne (UE).
Le cadre financier comprend 6 catégories de dépenses
:
L'accord interinstitutionnel (AII) fixe également
des règles pour la mobilisation de certains instruments qui
se trouvent en dehors du cadre financier :
Réserve pour aides d'urgence
La réserve pour aides d'urgence vise à répondre
rapidement à des besoins spécifiques d'aide à
des pays tiers, à la suite d'événements qui
n'étaient pas prévisibles lors de l'établissement
du budget. La dotation annuelle de la réserve est fixée
à 221 millions pour la durée du cadre financier.
Fonds de solidarité
Le Fonds de solidarité de l'UE est destiné à
permettre l'octroi rapide d'une aide financière en cas de
catastrophe majeure survenant sur le territoire d'un État
membre ou d'un pays candidat. Le plafond annuel des crédits
mis à disposition du Fonds est établi à un
milliard d'euros.
Instrument de flexibilité
L'instrument de flexibilité, dont le plafond annuel s'élève
à 200 millions d'euros est destiné à permettre
le financement, pour un exercice budgétaire donné
et dans la limite des montants indiqués, de dépenses
précisément identifiées qui ne pourraient pas
être financées dans les limites des plafonds disponibles
de l'une ou de plusieurs des rubriques. On peut noter que ceci est
décevant car la proposition de la Commission n’a pas
été suivie. Celle-ci proposait d’augmenter le
plafond annuel jusqu’à 700 millions et d’élargir
son champ d’application pour étendre l’action
de cet instrument de flexibilité.
Fonds européen d'ajustement à la mondialisation
Le Fonds d'ajustement à la mondialisation est destiné
à fournir un appui complémentaire aux travailleurs
affectés par les conséquences de changements structurels
majeurs de la configuration du commerce mondial, afin de les aider
à réintégrer le marché du travail. Le
montant annuel maximum alloué au Fonds est fixé à
500 millions d'euros. Bonne gestion financièreLes institutions
doivent assurer que le présent accord et le budget soient
mis en œuvre dans le cadre d'une bonne gestion financière
fondée sur les principes d'économie, d'efficience,
de protection des intérêts financiers, de proportionnalité
des coûts administratifs et de convivialité des procédures.
La Commission soumettra deux fois par an une programmation financière
complète, structurée par rubriques, domaines politiques
et lignes budgétaires, pour certaines rubriques du cadre
financier.
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| Plus
d’un tiers du budget de l’Union est consacré
au développement régional et à la cohésion
économique et sociale, à travers une série
de fonds européens. |
Les Fonds structurels
Il existe trois Fonds structurels.
Chacun couvre un domaine thématique bien spécifique.
- Le Fonds européen de développement régional
(FEDER) soutient la mise en place d’infrastructures,
les investissements créateurs d’emplois, des
projets de développement local et l’aide aux
petites entreprises. - Le Fonds social européen (FSE)
veille à promouvoir le retour à l’emploi
des personnes au chômage et des groupes défavorisés,
notamment en finançant des mesures de formation et
des systèmes d’aide à l’embauche.
- le Fonds de cohésion, soutien les régions
en grand retard de développement.
D’autres instruments financiers existent à côté
des Fonds structurels, dont le FEADER- Le fond européen
agricole pour le développement rural (FEADER), anciennement
la section «Orientation» du Fonds européen
d’orientation et de garantie agricole (FEOGA-Orientation)
finance des mesures de développement rural et fournit
une aide aux agriculteurs, notamment dans les régions
en retard de développement. - Le fond européen
pour la pêche (FEP), anciennement l’IFOP (instrument
financier d’orientation de la pêche) contribue
à l’adaptation et à la modernisation de
ce secteur..
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